Le sport sur ordonnance, ça existe ?

Comment vous êtes-vous mis à la pratique sportive ? Le sport vous a-t-il été conseillé par votre médecin ou « prescrit » ? Le sport sur ordonnance n’est encore qu’une ébauche de projet en matière de prévention santé en Fédération Wallonie Bruxelles. Or, des recherches scientifiques prouvent l’impact de l’activité physique sur les maladies chroniques.

Des éléments renforcent notre place en tant qu’acteur de prévention santé : en 2015, dans notre enquête réalisée auprès d’environ 15.000 affiliés 50+, seulement 5% déclarent pratiquer une activité physique en raison d’une prescription médicale.
Or sur l’ensemble des malades chroniques en Belgique, 48% sont âgés de plus de 75 ans.

En Belgique, ces initiatives sont encore trop rares et issues exclusivement d’initiatives locales et par conséquent, ne touchant qu’une partie trop restreinte de la population de patients chroniques. La suite de cet article, basé sur le travail de Benoit Massart, assistant de recherche à l’UCL, envisage la place de l’activité physique comme un médicament.

Qu’est ce que le sport sur ordonnance et quel est son intérêt ?

« Bouger », au même titre que « bien manger », est un facteur important pour sa santé, sa qualité de vie et son bien-être psychologique. A côté des bénéfices préventifs d’une activité physique régulière sur la santé, il est actuellement scientifiquement établi qu’un programme structuré d’exercices physiques joue un rôle fondamental dans la prise en charge thérapeutique de nombreuses maladies chroniques. L’avantage de l’exercice physique est que, d’une part, son efficacité est prouvée scientifiquement, et que d’autre part, sa mise en œuvre est bon marché.

L’ « Exercise Medicine » se développe peu à peu en Europe et en Belgique. Deux obstacles majeurs freinent néanmoins la participation des malades chroniques à une activité physique (AP) régulière.
Premièrement, les médecins généralistes ne sont que trop peu sensibilisés aux atouts d’une pratique régulière d’une activité physique pour la santé des patients atteints de maladies chroniques. Ensuite, le manque de structure sportive paramédicalisée et disposant d’un encadrement adapté aux patients chroniques constitue une seconde barrière importante.

En Wallonie, de nouvelles structures sportives para-médicalisées, des projets communaux ou encore des programmes de formations sont développés dans le domaine de l’Exercise Medicine. La commune de Frasnes-lez-Anvaing fut la pionnière en la matière en démarrant son dispositif « Sport sur Ordonnance en septembre 2013, un projet inspiré de l’initiative menée à Strasbourg. En octobre 2018, la commune d’Ottignies Louvain-la-Neuve démarrera également son propre dispositif « Sport sur Ordonnance ». La commune brabançonne deviendrait la deuxième commune en Wallonie (après Frasnes-Lez-Anvaing) à proposer un service innovant en Exercise Medicine à ses patients atteints de pathologies chroniques. Saluons déjà les démarches pionnières dans le domaine, en espérant que d’autres communes emboîteront le pas.

L’activité physique est un outil efficace pouvant être intégré à la panoplie des moyens thérapeutiques à mobiliser face à des personnes souffrant de pathologies chroniques. En Europe et en Belgique, des initiatives diverses et variées émergent pour promouvoir l’adoption d’une activité physique régulière dans le quotidien des patients chroniques.

Si l’on veut que cela fonctionne, il faut un système organisé et financé. 

À l’heure actuelle, nous ne sommes qu’aux prémices du sport sur ordonnance. En Belgique, saluons déjà les démarches pionnières dans le domaine, en espérant que d’autres emboîteront le pas. Sans coordination entre les différents acteurs impliqués et sans cadre législatif soutenant l’émergence de cette initiative, le modèle peine à s’étendre.

Benoit Massart, Assistant de recherche à la Faculté des sciences de la motricité à l’UCL

Caroline Ena, Coordinatrice fédéral énéoSport